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La CPME publie un livre blanc pour simplifier la vie des entreprises

La CPME publie un livre blanc pour simplifier la vie des entreprises
Publié le 15/03/2025 à 08:54

Dans un document rendu public le 6 mars dernier, la Confédération des petites et moyennes entreprises formulait 70 propositions encourageant un allègement des obligations qui incombent aux chefs d’entreprise, que ce soit en matière de transition verte ou d’innovation. Objectif : tendre vers une stabilité normative.

Simplification. Le 6 mars dernier, en parallèle du lancement d’un Observatoire de la surtransposition (pour en finir avec cette « dérive typiquement hexagonale »), qui devrait permettre de mesurer sur le long terme les surtranspositions de textes européens dans le droit français et leur impact sur les PME, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a publié un livre blanc.

Intitulé « Simplification et compétitivité », le recueil restitue 70 propositions concrètes de simplifications « à mettre en œuvre au niveau européen pour stimuler la compétitivité des PME ». Il s’inscrit dans la continuité du paquet Omnibus de la Commission européenne présenté fin février, qui a notamment pour objectif de réduire de 35 % les obligations de reporting pour les TPE/PME et de simplifier l’application de la CSRD – directive européenne qui impose aux entreprises de publier des informations détaillées sur leurs pratiques en matière de durabilité.

Transition verte : la piste des outils numériques

Dans son premier volet « Stimuler », la CPME formule une vingtaine de propositions pour aider les PME, qui n’ont « pas nécessairement la capacité financière, ni les ressources humaines, pour satisfaire les multiples obligations qui leur sont imposées », à transiter vers des pratiques durables.

Sur le CSRD, la CPME propose par exemple la mise en place d’outils numériques gratuits qui permettraient aux PME de satisfaire aux critères de la VSME – qui intègre dans la démarche environnementale les entreprises qui échappent aux règles de la CSRD –, et ainsi éviter de passer par un prestataire extérieur, une démarche qui engendre des frais.

Autre idée, reporter de deux ans l’entrée en vigueur des dispositions de la Directive 2022/2464 et simplifier « drastiquement » les standards de reporting pour les PME et ETI, les obligations et standards actuels étant trop complexes à mettre en œuvre pour ces structures, mais également pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Sur la justification et la communication des allégations environnementales explicites, la confédération préconise d’étendre aux PME l’exemption de l’obligation de déclaration, effective aujourd’hui uniquement pour les microentreprises.

Réduire les déclarations obligatoires à la charge de l’employeur

Afin de favoriser le plein emploi dans les PME assujetties à un certain nombre d’obligations sociales « lourdes et complexes » qui freinent l’embauche et surchargent les chefs d’entreprises « d’obligations inutiles », il est notamment recommandé de supprimer l’obligation d’information par l’employeur chaque année sur le droit des travailleurs à recevoir les informations, ou bien de prévoir une information au moment de l'embauche uniquement.

Concernant le temps de travail, la Directive 2003/88/CE, adoptée en novembre 2003, prévoit notamment une obligation pour les États membres de l’EU et des employeurs de mettre en place des mécanismes de suivi journalier du temps de travail afin que le respect des périodes de repos soient respectées et suivies. La CPME préconise la mise en place de registres de temps de travail simplifiés pour les TPE/PME ainsi qu’un allègement du suivi journalier avec un registre annuel ou une déclaration simplifiée.

Sur les données et au regard du DataAct qui met à la charge de l’employeur de multiples obligations, la CPME préconise une simplification des exigences de documentation via une standardisation des processus d’accès aux données et des modèles unifiés. Le développement de modèles de contrats simplifiés et standardisés pour les TPE et PME est également avancé.

Vers une suppression de la directive « DEBRA » ?

Enfin, sur la partie innovation des PME qui pâtissent des obligations qui les freinent sur cet aspect également, la Confédération formule des recommandations en matière de droits des consommateurs. Elle préconise par exemple, plutôt que de rembourser un consommateur en cas de rétractation comme le prévoit la Directive 2011/83, de proposer un remplacement ou une réparation.

Côté commerce électronique, il est préconisé d’alléger les obligations d’informations (identité, conditions contractuelles et informations de contact) des très petites entreprises qui opèrent en ligne, avec, par exemple, une fiche synthétique et simplifiée des informations essentielles.

Par ailleurs, la CPME demande à retirer la proposition de directive « DEBRA », qui vise à favoriser le financement en fonds propres et à limiter la déductibilité fiscale des charges liées à l’emprunt à 85 %. En effet, si la CPME se dit favorable à l’accroissement du financement en fonds propres des entreprises, cela ne doit pas se faire au détriment de l’accès au crédit bancaire « qui reste une source de financement primordiale pour les PME ».

Autant de propositions pour endiguer une inflation normative, véritable fléau pour la compétitivité des entreprises.

Allison Vaslin

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