L’étude du barreau révèle que
sur 2 737 répondants, 73 % déclarent ressentir un stress permanent,
et presqu’autant indiquent travailler plus de 45 heures par semaine. Le tout,
non sans impact sur leur santé mentale et physique, en particulier pour les
jeunes avocats dans leur première année d’exercice.
57 % des avocats
parisiens se disent insatisfaits de leur santé mentale. C’est ce que dévoilent
les résultats de l’étude sur la santé des avocats lancée par le barreau de
Paris en février dernier, à laquelle 2 737 avocats et avocates ont
répondu.
En cause notamment, une
charge de travail accrue et des délais trop serrés. 43 % des répondants
indiquent travailler le week-end, et trois quart affirment dépasser les 45
heures de travail hebdomadaire. Chez les jeunes avocats, les horaires de
travail sont pour 65 % compris entre 46 et 60 heures, surtout au cours de
la première année d’exercice.
À ces horaires « particulièrement
lourds dès le début de carrière » s’ajoutent des pratiques de santé
« à risque ». Près de la moitié des jeunes avocats ayant connu
un arrêt de travail ont malgré tout continué de travailler, et seulement
35 % des moins de 30 ans consultent un médecin généraliste pour leurs
problèmes de santé.
Les jeunes avocats sont
également plus exposé au stress, souligne l’étude. L’anxiété et les crises
d’angoisse sont quant à elles plus représentées chez les avocats entre 30 et
50 ans, ainsi que chez les collaborateurs. Toutefois, les « nouveaux
arrivants sont également davantage touchés par ce type de pathologies ».
Une vie personnelle affectée par le travail
Des troubles qui ne sont pas
sans conséquence sur l’hygiène de vie, souvent « sacrifiée »
au profit du travail. D’après l’étude, un peu plus de la moitié des répondants
disent pratiquer une activité physique régulière. C’est toutefois 20 % de
moins que les autres professionnels libéraux franciliens.
Par ailleurs, la majorité des
interrogés disent fréquemment ressentir une baisse d’énergie dans leur vie
privée à cause du travail, et plus particulièrement chez les 30-39 ans et les
associés. La moitié estime que leur travail empiète régulièrement sur la vie
privée.
L’équilibre vie
professionnelle et personnelle n’est pas en reste, puisque 69 % des
avocats affirment éprouver des difficultés à concilier les deux ; il s’agit du
premier facteur à impact négatif sur la santé mentale, pointe l’étude. La
pression des clients et des collègues est également un facteur significatif, en
particulier chez les jeunes barreaux.
Néanmoins, 77 % des
sondés affirment avoir bonne une qualité de vie au travail, voire excellente.
L'omerta sur les pathologies féminines
L’étude consacre également une
partie de ses questions aux spécificités et aux réalités féminines. 40 %
des avocates déclarent par exemple avoir subi des discriminations
professionnelles liées à la maternité, et 17 % affirment n’avoir jamais
pris de congés maternité. Les avocates exerçant en individuelle représentent un
quart de ce pourcentage.
Chez les répondantes qui ont
bénéficié d’un congé, 67 % l’ont pris en entier, principalement des
collaboratrices. 60 % des individuelles affirment être allées au bout de
ce congé et un quart déclarent l’avoir pris en partie.
Côté santé, une avocate sur cinq
dit être atteinte d’endométriose ou du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), et
85 % d’entre elles ressentent des symptômes physiques liées à ces
pathologies. Seule une faible proportion d’entre elles estiment qu’elles
peuvent en parler facilement au sein de leur cabinet, mettant en évidence le
tabou autour de ces sujets.
En revanche, 62 % des
avocates disent avoir reçu du soutien de leur cabinet ou employeur à l’annonce
d’une fausse couche pour les 26 % qui ont osé en parler.
Allison
Vaslin