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(75) Les avocats parisiens jugent leurs conditions de travail « particulièrement éprouvantes »

(75) Les avocats parisiens jugent leurs conditions de travail « particulièrement éprouvantes »
Publié le 01/04/2025 à 15:49

L’étude du barreau révèle que sur 2 737 répondants, 73 % déclarent ressentir un stress permanent, et presqu’autant indiquent travailler plus de 45 heures par semaine. Le tout, non sans impact sur leur santé mentale et physique, en particulier pour les jeunes avocats dans leur première année d’exercice.

57 % des avocats parisiens se disent insatisfaits de leur santé mentale. C’est ce que dévoilent les résultats de l’étude sur la santé des avocats lancée par le barreau de Paris en février dernier, à laquelle 2 737 avocats et avocates ont répondu.

En cause notamment, une charge de travail accrue et des délais trop serrés. 43 % des répondants indiquent travailler le week-end, et trois quart affirment dépasser les 45 heures de travail hebdomadaire. Chez les jeunes avocats, les horaires de travail sont pour 65 % compris entre 46 et 60 heures, surtout au cours de la première année d’exercice.

À ces horaires « particulièrement lourds dès le début de carrière » s’ajoutent des pratiques de santé « à risque ». Près de la moitié des jeunes avocats ayant connu un arrêt de travail ont malgré tout continué de travailler, et seulement 35 % des moins de 30 ans consultent un médecin généraliste pour leurs problèmes de santé.

Les jeunes avocats sont également plus exposé au stress, souligne l’étude. L’anxiété et les crises d’angoisse sont quant à elles plus représentées chez les avocats entre 30 et 50 ans, ainsi que chez les collaborateurs. Toutefois, les « nouveaux arrivants sont également davantage touchés par ce type de pathologies ».

Une vie personnelle affectée par le travail

Des troubles qui ne sont pas sans conséquence sur l’hygiène de vie, souvent « sacrifiée » au profit du travail. D’après l’étude, un peu plus de la moitié des répondants disent pratiquer une activité physique régulière. C’est toutefois 20 % de moins que les autres professionnels libéraux franciliens.

Par ailleurs, la majorité des interrogés disent fréquemment ressentir une baisse d’énergie dans leur vie privée à cause du travail, et plus particulièrement chez les 30-39 ans et les associés. La moitié estime que leur travail empiète régulièrement sur la vie privée.

L’équilibre vie professionnelle et personnelle n’est pas en reste, puisque 69 % des avocats affirment éprouver des difficultés à concilier les deux ; il s’agit du premier facteur à impact négatif sur la santé mentale, pointe l’étude. La pression des clients et des collègues est également un facteur significatif, en particulier chez les jeunes barreaux.

Néanmoins, 77 % des sondés affirment avoir bonne une qualité de vie au travail, voire excellente.

L'omerta sur les pathologies féminines 

L’étude consacre également une partie de ses questions aux spécificités et aux réalités féminines. 40 % des avocates déclarent par exemple avoir subi des discriminations professionnelles liées à la maternité, et 17 % affirment n’avoir jamais pris de congés maternité. Les avocates exerçant en individuelle représentent un quart de ce pourcentage.

Chez les répondantes qui ont bénéficié d’un congé, 67 % l’ont pris en entier, principalement des collaboratrices. 60 % des individuelles affirment être allées au bout de ce congé et un quart déclarent l’avoir pris en partie.

Côté santé, une avocate sur cinq dit être atteinte d’endométriose ou du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), et 85 % d’entre elles ressentent des symptômes physiques liées à ces pathologies. Seule une faible proportion d’entre elles estiment qu’elles peuvent en parler facilement au sein de leur cabinet, mettant en évidence le tabou autour de ces sujets.

En revanche, 62 % des avocates disent avoir reçu du soutien de leur cabinet ou employeur à l’annonce d’une fausse couche pour les 26 % qui ont osé en parler.

Allison Vaslin

1 commentaire
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Marie-Michelle DURIMEL
- il y a 2 jours
De nos jours, les avocats se prennent pour des couteaux suisses, pour gagner le maximum d'argent. Une vraie course et compétition pour gagner plus d'argent en négligeant leur vrai rôle et la déontologie. Ils veulent tout faire eux-mêmes et pensent surtout savoir tout faire. L'égo des avocats est toujours aussi démesuré alors que le monde a évolué. Arrêtez de vouloir tout faire et consacrez-vous au coeur de votre métier et tout ira bien mieux...

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