Malgré un contexte financier
« particulièrement difficile », le département entend
poursuivre ses chantiers, au titre desquels la construction de crèches, la
réhabilitation de logements sociaux et l’accompagnement vers l’emploi.
En séance le 10 mars dernier,
le Conseil départemental du Val-de-Marne a consacré ce temps d’échange à la
feuille de route des orientations budgétaires pour l’année en cours, dans un
contexte financier « particulièrement difficile et inconnu jusqu’alors
dans son ampleur ». Une occasion également de dresser un bilan de la
situation du département, dans une situation financière « critique ».
Avec des dépenses sociales en
hausse à la charge du département, de moins en moins compensées par l’État, le
Val-de-Marne doit malgré tout « répondre aux attentes », alors
même qu’il souffre d’une perte de 170 millions d’euros de recettes depuis la
fin de l’année 2021. En cause, l’effondrement des droits de mutation liés à la
chute de l’activité immobilière.
Le gel des fractions de TVA
allouées aux départements acté par la loi de finances n’arrange rien puisqu’il
entraîne, pour le Val-de-Marne, une nouvelle perte estimée à 14 millions
d’euros de recettes en 2025. À cela s’ajoute la hausse des dépenses de
péréquation, mécanisme de redistribution pour atténuer les disparités de
ressources entre collectivités territoriales, également imposée dans la loi par
le gouvernement, qui prévoit le prélèvement d’un milliard d'euros auprès des
collectivités, dont 220 millions à la charge de la moitié des départements,
précise le conseil.
Par ailleurs, les dépenses
sociales de solidarité nationale continuent de progresser sans que la
compensation due par l’État ne soit versée. La revalorisation du RSA de
1,9 % prévue en avril 2025 coûtera 4 millions d’euros au département, et
le secteur de l’aide sociale à l’enfance connaitra lui aussi une augmentation
des dépenses. Un trou dans les caisses qui pourrait être compensé par un
emprunt, mais le niveau d’endettement actuel du département le contraint à
limiter ce recours « pour éviter d’aggraver sa situation
financière ».
Réduire certaines dépenses
pour mieux réinvestir
Pour maintenir ses objectifs
d’attractivité du territoire et d’amélioration de la qualité de vie dans le
Val-de-Marne malgré une situation financière compliquée, le département entend
réduire les dépenses de fonctionnement de 1,1 %, soit 16 millions d’euros de
moins par rapport au budget 2024. Les dépenses d’investissement, hors
remboursement de la dette, seraient ramenées de 264 millions d’euros au BP
2024, à 225 millions d’euros en 2025, indique le département.
Des objectifs financiers
atteignables avec des réajustements de calendrier mais qui ne remettent pas en
cause la majorité des investissements en cours ou prévu, rassure le
département. Les chantiers
pour la modernisation des collèges, le développement des routes et pistes
cyclables, l’accueil de la petite enfance, ou encore le soutien aux personnes
âgées ou en situation de handicap devraient ainsi être maintenus.
Côté accueil des jeunes
enfants, la construction d’une crèche-PMI à Sucy-en-Brie/Ormesson-sur-Marne et
la reconstruction d’une crèche de 60 berceaux à Joinville-le-Pont restent au
calendrier.
Le département a également confirmé
la poursuite du soutien au parc locatif social avec le versement de subventions
en faveur du plan d’action pour le logement. 3,8 millions d’euros devraient
être injectés pour la construction et la réhabilitation de logements sociaux.
Des travaux de modernisation pour les établissements d’hébergement accueillant
des personnes âgées dépendantes et des personnes en situation de handicap sont
également prévus.
L’insertion sociale est
l’accompagnement vers l’emploi reste également une priorité pour le
Val-de-Marne avec notamment le Programme départemental pour l’insertion et
l’emploi (PDIE) qui propose différentes actions. Son budget devrait atteindre
les 14 millions d’euros.
La transition énergétique, le
développement durable et la protection de l’environnement continueront d’être
financés, avec notamment une accélération des chantiers de rénovation thermique
et un développement de la production photovoltaïque. Le Plan 50 000
arbres, les initiatives en faveur du bien-être animal,
l’élaboration d’un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels,
la création de nouveaux espaces naturels sensibles seront eux aussi au
calendrier, indique le département.
Le vote du budget du
département pour 2025 devrait se tenir courant avril.
Allison
Vaslin