L’outil d’appel à témoins
utilisé par le pôle cold cases a notamment permis une avancée majeure d’un cold
case vieux de 24 ans, grâce à un témoignage clé.
Un nouvel anniversaire
célébré à Nanterre. Un mois après les trois ans du pôle cold case, le dispositif
du ministère de la Justice et du ministère de l’Intérieur « En Quête
d’Indices » souffle en effet sa première bougie ce 2 avril.
Lancé en avril 2024, cet
outil d’appel à témoins est utilisé par le Pôle national des crimes sériels ou
non élucidés (PCSNE), créé pour sa part en mars 2022 et aménagé au sein du
tribunal judiciaire de Nanterre. Son objectif : recueillir des témoignages
dans des affaires dites « cold cases » pour aider les magistrats et
enquêteurs à élucider des dossiers irrésolus depuis des années.
« Un témoignage, même
livré des dizaines d’années après la commission des faits, peut permettre aux
investigations de prendre une orientation décisive » souligne le
tribunal.
Un cold case résolu grâce au
dispositif
Ce qui s’est d’ailleurs avéré
tout récemment dans un dossier datant du 13 avril 2000. À travers la
réalisation et la diffusion d’une courte vidéo sur l’affaire du « meurtre
au Gros Cerveau », un témoignage clé a en effet permis aux enquêteurs de
l’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) et aux
magistrats du parquet du pôle d’identifier un suspect, ultérieurement mis en
examen le 16 janvier 2025.
Le corps de Ginette Naime,
poignardé à de multiples reprises, avait été retrouvé dans le lieu-dit le Gros
Cerveau à Ollioules dans le Var par des promeneurs qui avaient aperçu un homme
prendre la fuite.
Trois autres affaires en
cours
Au cours de l’année écoulée,
trois autres vidéo capsules ont également été diffusées. La toute première
concerne la disparition le 1er février 2003 de Florence
Bloise-Desobry dans les Yvelines. L’enquête avait été clôturée au bout d’un an,
puis une information judiciaire a finalement été réouverte en 2011, « sans
pour autant parvenir à identifier ce qui lui est arrivé », précise
l’ancien procureur de Nanterre Pascal Prache.
Une seconde vidéo revient
quant à elle sur l’affaire des disparus du fort de Tamié. Deux hommes y ont
disparu à un d’intervalle, en 2011 pour l’un, et en 2012 pour l’autre. Le point
commun : tous deux avaient été aperçus pour la dernière fois dans un
festival de musique électronique organisé dans l’ancien fort militaire. Aucun
témoignage n’a, jusqu’à aujourd’hui, permis d’avancer dans l’enquête.
Le dernier dossier ayant fait
l’objet d’un appel à témoin concerne l’affaire du « violeur au
couteau ». En 2011, les enquêteurs avaient fait le rapprochement entre
deux affaires de viols survenues à quelques jours d’intervalle en décembre,
avant un recoupement ADN permettant de faire le lien avec une troisième
agression qui elle, avait eu lieu neuf ans avant. Depuis 2022, l’enquête est
suivie par le PCSNE.
À noter que l’activation du
dispositif relève d’une décision du procureur de la République, « seul
habilité à communiquer aux termes de l’article 11 du Code de procédure pénale. »
Pascal Prache, qui a quitté la juridiction en octobre 2024, n’a à ce jour pas
trouvé de successeur. C’est Valérie Courtalon qui
assure pour le moment l’intérim.
Allison
Vaslin