JUSTICE

(92) A Nanterre, le dispositif « En Quête d’indices » a 1 an

(92) A Nanterre, le dispositif « En Quête d’indices » a 1 an
Publié le 02/04/2025 à 14:42

L’outil d’appel à témoins utilisé par le pôle cold cases a notamment permis une avancée majeure d’un cold case vieux de 24 ans, grâce à un témoignage clé.

Un nouvel anniversaire célébré à Nanterre. Un mois après les trois ans du pôle cold case, le dispositif du ministère de la Justice et du ministère de l’Intérieur « En Quête d’Indices » souffle en effet sa première bougie ce 2 avril.

Lancé en avril 2024, cet outil d’appel à témoins est utilisé par le Pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), créé pour sa part en mars 2022 et aménagé au sein du tribunal judiciaire de Nanterre. Son objectif : recueillir des témoignages dans des affaires dites « cold cases » pour aider les magistrats et enquêteurs à élucider des dossiers irrésolus depuis des années.

« Un témoignage, même livré des dizaines d’années après la commission des faits, peut permettre aux investigations de prendre une orientation décisive » souligne le tribunal.

Un cold case résolu grâce au dispositif

Ce qui s’est d’ailleurs avéré tout récemment dans un dossier datant du 13 avril 2000. À travers la réalisation et la diffusion d’une courte vidéo sur l’affaire du « meurtre au Gros Cerveau », un témoignage clé a en effet permis aux enquêteurs de l’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) et aux magistrats du parquet du pôle d’identifier un suspect, ultérieurement mis en examen le 16 janvier 2025.

Le corps de Ginette Naime, poignardé à de multiples reprises, avait été retrouvé dans le lieu-dit le Gros Cerveau à Ollioules dans le Var par des promeneurs qui avaient aperçu un homme prendre la fuite.

Trois autres affaires en cours

Au cours de l’année écoulée, trois autres vidéo capsules ont également été diffusées. La toute première concerne la disparition le 1er février 2003 de Florence Bloise-Desobry dans les Yvelines. L’enquête avait été clôturée au bout d’un an, puis une information judiciaire a finalement été réouverte en 2011, « sans pour autant parvenir à identifier ce qui lui est arrivé », précise l’ancien procureur de Nanterre Pascal Prache.

Une seconde vidéo revient quant à elle sur l’affaire des disparus du fort de Tamié. Deux hommes y ont disparu à un d’intervalle, en 2011 pour l’un, et en 2012 pour l’autre. Le point commun : tous deux avaient été aperçus pour la dernière fois dans un festival de musique électronique organisé dans l’ancien fort militaire. Aucun témoignage n’a, jusqu’à aujourd’hui, permis d’avancer dans l’enquête.

Le dernier dossier ayant fait l’objet d’un appel à témoin concerne l’affaire du « violeur au couteau ». En 2011, les enquêteurs avaient fait le rapprochement entre deux affaires de viols survenues à quelques jours d’intervalle en décembre, avant un recoupement ADN permettant de faire le lien avec une troisième agression qui elle, avait eu lieu neuf ans avant. Depuis 2022, l’enquête est suivie par le PCSNE.

À noter que l’activation du dispositif relève d’une décision du procureur de la République, « seul habilité à communiquer aux termes de l’article 11 du Code de procédure pénale. » Pascal Prache, qui a quitté la juridiction en octobre 2024, n’a à ce jour pas trouvé de successeur. C’est Valérie Courtalon qui assure pour le moment l’intérim.

Allison Vaslin

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