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(93) Un plan départemental pour lutter contre les logements insalubres en Seine-Saint-Denis

(93) Un plan départemental pour lutter contre les logements insalubres en Seine-Saint-Denis
Publié le 14/02/2025 à 16:29

Fruit de six mois de concertation sous l’égide de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, le Plan départemental de lutte contre l’habitat indigne 2025-2028 a été signé le 11 février 2025. Son ambition : enrayer la dégradation des quelque 29 000 logements insalubres recensés dans le département.

En Seine-Saint-Denis, 29 000 logements sont considérés comme potentiellement insalubres dans le département. Mardi 11 février, la préfecture a annoncé sur les réseaux sociaux la signature du Plan départemental de lutte contre l’habitat indigne 2025-2028 (PDLHI).

Piloté par l’État, ce dispositif associe Julien Charles, le nouveau préfet du 93, le procureur de Bobigny, Éric Mathais, mais aussi l’Agence Régionale de Santé Île-de-France, la Direction régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement, la Direction départementale des finances publiques et la Direction départementale de la Protection des populations. Des associations comme l’ADIL93 et la Fondation pour le logement des défavorisés, ainsi que les communes du département, sont également engagées dans cette démarche.

Cette dernière s’inscrit dans la continuité du précédent plan. Le nouveau dispositif, élaboré sur six mois, « repose sur l’expertise et l’expérience des professionnels du secteur, tout en intégrant les récentes avancées législatives et techniques ».

En 2024, plus de 1 400 signalements reçus

L’objectif est donc de freiner « la dégradation des 29 000 logements insalubres et de garantir des conditions dignes aux près de 90 000 personnes menacées ». Pour y remédier, le PDLHI 2025-2028 fixe cinq axes prioritaires : renforcer la prévention et les outils de lutte, améliorer le service aux usagers, numériser les procédures, développer des projets pilotes adaptés aux besoins locaux et intensifier la traque des marchands de sommeil.

Des mesures concrètes ont déjà été mises en place en 2024, à commencer par le déploiement de l’application Histologe, qui permet aux habitants en situation de mal-logement de signaler leur situation et d’obtenir un accompagnement. Un arrêté préfectoral a également établi des normes techniques propres au département, tandis que les autorités ont renforcé les procédures coercitives pour protéger la santé et la sécurité des habitants. La lutte contre les marchands de sommeil, menée en collaboration avec les collectivités et le parquet de Bobigny, s’est aussi intensifiée.

Bilan de ces actions : « Plus de 1 400 signalements reçus en préfecture, 685 arrêtés préfectoraux signés, 280 signalements transmis au parquet, 424 enquêtes préliminaires en cours », détaille Éric Mathais sur le réseau social LinkedIn. Le procureur évoque aussi des opérations coordonnées impliquant police, services administratifs et justice, et notamment des saisies immobilières et bancaires destinées à priver les auteurs de leurs profits illégaux. 

« La lutte contre l’habitat indigne est l’affaire de tous »

Pour le procureur de la République, « la lutte contre l’habitat indigne est un enjeu majeur de santé publique et de justice sociale, particulièrement en Seine-Saint-Denis ». Éric Mathais en appelle ainsi à une « action résolue » des pouvoirs publics, mêlant sanctions et prévention.

En 2025, « de nouvelles opérations sont prévues, des renforts sont attendus à l’Unité de lutte contre l’immigration irrégulière de Seine-Saint-Denis (Ulii 93) et le Plan Départemental de Lutte contre l’Habitat Indigne sera consolidé », annonce le procureur, qui rappelle que « la lutte contre l’habitat indigne est l’affaire de tous ».

Romain Tardino

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