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(92) À Asnières, un psychiatre lanceur d’alerte démis de ses fonctions finalement réaffecté

(92) À Asnières, un psychiatre lanceur d’alerte démis de ses fonctions finalement réaffecté
Publié le 03/03/2025 à 10:33

La tribunal administratif de Cergy-Pontoise a reconnu que la décision du centre hospitalier spécialisé Roger Prévot de renvoyer le psychiatre « revêtait le caractère d’une sanction disciplinaire déguisée illégale » et décidé de rétablir le docteur dans ses fonctions.

La décision est tombée. Le 13 février dernier, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par un psychiatre démis de ses fonctions de chef de pôle dans le centre hospitalier spécialisé Roger Prévot à Asnières après avoir donné l’alerte sur les conditions d’enfermement de certains patients, lui a donné raison. L’homme demandait sa réintégration dans l’établissement, s’estimant victime d’une sanction déguisée.

Le psychiatre avait alerté le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) en 2020. Ce dernier avait alors émis une série de recommandations publiées dans le Journal Officiel du 19 juin de la même année constatant « des violations graves des droits de personnes privées de liberté (…), une confusion entre le régime de l’isolement psychiatrique institué par le Code de la santé publique et le confinement sanitaire décidé par les pouvoirs publics afin de lutter contre la propagation du covid-19 ».

Une enquête administrative au sein du centre avait par la suite été menée en 2021. La directrice avait alors démis le psychiatre de ses fonctions, lequel avait immédiatement contesté la légalité de cette décision.

Un manque d’impartialité retenu

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise retient un manque d’impartialité des conclusions de l’enquête administrative interne, « contredite par de nombreux éléments concordants mettant en évidence le professionnalisme du psychiatre lanceur d’alerte ». La Défenseure des droits avait d’ailleurs analysé la décision attaquée comme des « représailles », ce que le tribunal administratif retient lui aussi.

Pour le juge, le renvoi du psychiatre ne peut pas être analysé comme ayant été décidé dans l’intérêt du service du centre, lequel accuse une « gestion clivante, qui fragilise l’activité et le bon fonctionnement du pôle, avec des tensions relationnelles au sein de l’équipe médicale ». La décision revêt donc « le caractère d’une sanction disciplinaire déguisée illégale », tranche-t-il.

Le chef de pôle devra donc être réintégré dans ses fonctions dans un délai de deux mois à compter du jugement. Par ailleurs, l’établissement hospitalier est condamné à verser au psychiatre la somme de 1 500 euros au titre du remboursement de ses frais.

Allison Vaslin

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