Les données recueillies par
le biais d’un questionnaire anonyme serviront à élaborer des « solutions
concrètes » face aux difficultés rencontrées par les professionnels du
droit. Ces derniers devront notamment se prononcer sur leurs conditions de
travail et l’impact qu’elles peuvent avoir sur leur santé.
Dans la continuité de leurs
chantiers, les bâtonnier et vice-bâtonnière du barreau de Paris, Pierre
Hoffmann et Vanessa Bousardo, ont décidé de lancer une étude sur la santé des
membres du barreau ; un sujet souvent tabou. « Alors que, nous
le savons, notre profession met à l’épreuve aussi bien le corps que l’esprit »,
martèlent les représentants du barreau.
L’objectif de cette étude
sous forme de questionnaire anonyme, élaboré par l’institut de sondage Harris Interactive,
est de recueillir des données précises sur les difficultés que les avocats et
avocates peuvent rencontrer, afin de proposer par la suite « des
solutions concrètes » à leur problématiques.
C’est pourquoi le barreau de
Paris invite un maximum de professionnels à répondre à la trentaine de
questions prévues. Les informations recueillies seront « exclusivement
réservées à l’usage de l’Ordre des Avocats du Barreau de Paris, et ne sont ni
transmises ni revendues à un tiers ».
Cadence et qualité de vie au
travail parmi les sujets abordés
Après avoir renseigné leur
sexe, leur âge et leur statut professionnel, les avocats sont dans un premier
temps interrogés sur leur état de santé actuel avec des choix de réponses
allant d’ « excellente » à « très mauvaise », avant d’être
sondés sur leur hygiène de vie et leur alimentation.
L’étude pose aussi la
question de la récurrence des visites chez le médecin et des différents
troubles auxquels les répondants pourraient faire face. Les avocats doivent également
se prononcer sur leur degré d’épuisement émotionnel et de fatigue ressenti,
ainsi que sur la fréquence de crises de stress et d’anxiété au cours des douze
derniers mois.
Une autre salve de questions
porte quant à elle sur l’environnement de travail, en particulier sur la
qualité de vie au travail. Suivent des questions sur la cadence de travail et
le nombre d’heures travaillées par semaine.
Enfin, le questionnaire
aborde la parentalité, autre priorité du mandat Hoffmann/Bousardo. Il est
notamment demandé si les avocates ont déjà été victime de discrimination ou de
stigmatisation au travail en raison de leur grossesse ou maternité, si elles
ont pu bénéficier d’un congé maternité - et si tel est le cas, en entier ou
non. Les dernières questions abordent pour leur part les impacts que peut
avoir leur situation menstruelle sur leur travail et si elles sont touchées par
l’endométriose et/ou le syndrome des ovaires polykystiques.
Le 6 mars, s’ouvrira
d’ailleurs un débat lors d’une conférence à la Maison du Barreau : « Femmes
entrepreneuses : omises d’office ? » pour échanger sur la santé des femmes
avocates et professionnelles réglementées.
Allison
Vaslin