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(75) Affaire Bétharram, une manifestation devant le ministère de l’Éducation

(75) Affaire Bétharram, une manifestation devant le ministère de l’Éducation
Publié le 10/03/2025 à 15:01

Ce 10 mars, une poignée de militants de l’association Mouv’Enfants s’est réunie devant l’institution, réclamant des actions fortes pour les victimes sorties du silence, telles que l’imprescriptibilité des violences pour que justice soit faite.

« L’État savait. L’Église savait. Tout le monde savait. Mais rien n’a changé. » Un mois après une manifestation devant les portes de l’institution privée catholique Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques qui a abrité pendant plusieurs années des violences sexuelles sur des mineurs, une petite dizaine de militants de l’association de lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants Mouv’Enfants s’est de nouveau rassemblée ce 10 mars, cette fois-ci devant les portes du ministère de l’Éducation nationale.

Petite et pacifiste, cette manifestation sur fond de mise en scène n’est pas pour autant passée inaperçue, avec des cercueils factices posés contre les murs du ministère, de fausses pierres tombales et des militants vêtus pour certains de tenues d’écoliers. Objectif de ce rassemblement : apporter un soutien aux victimes de violences à Notre-Dame de Bétharram, mais également dans d’autres établissements privés catholiques, et demander des actions fortes de la part de l’État face aux scandales qui « continuent d’exploser » dans l’enseignement catholique et aux nombreuses voix d’anciens élèves victimes qui s’élèvent.

« Une justice d’exception »

« Nous refusons de laisser ces crimes impunis et de voir l’histoire se répéter. Ces établissements, financés en partie par l’État, échappent encore à un contrôle rigoureux. Combien d’enfants en danger aujourd’hui ? Combien de vies brisées ? », scande Mouv’Enfants sur les réseaux sociaux.

C’est pourquoi l’association demande « une justice d’exception pour juger ces crimes », comme a su le faire la Belgique dès 2010 à la suite de violences sexuelles sur des mineurs par certains clercs et pastoraux.

Mouv’Enfant revendique un contrôle « strict » et « sans exception » de tous les lieux qui accueillent des enfants, une imprescriptibilité des violences qu’ont subies les victimes afin que justice puisse être rendue, et ce, « peu importe le temps écoulé », ainsi qu’une fermeture « immédiate » des établissements privés ayant couvert ces crimes. L’association avait d’ailleurs lancé mi-février une pétition pour fermer Bétharram, qui a recueilli plus de 12 000 signatures en 48 heures.

Relaxes et classement sans suite pour les accusés

À ce jour, plus de 150 plaintes ont été déposées pour des faits de violences physiques, agressions sexuelles et viols visant d’anciens religieux et personnels laïcs de Notre-Dame-de-Bétharram. Plusieurs suspects ont été placés en garde à vue avant d’être relâchés en raison de la prescription. L’un d’entre eux, visé par 74 plaintes et ayant quitté Bétharram pour « des raisons familiales », rapporte franceinfo, a été embauché à Saint-Dominique de Neuilly dans les Hauts-de-Seine, « sans enquête et sans rien ».

L’actuel premier ministre François Bayrou, accusé quant à lui d’avoir couvert les faits qui se déroulaient à Bétharram, a vu les deux signalements formulés à son encontre pour inaction classés sans suite. Pour la première victime de l’affaire Bétharram, Marc Lacoste-Seris, il est « ironique » que l’ancien ministre de l’Éducation à l’époque ne soit pas au courant de la situation dans les fonctions qui étaient les siennes.

Allison Vaslin

 

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