POLITIQUE

Jean-Louis Debré, ancien ministre de l’Intérieur et président du Conseil constitutionnel, est mort

Jean-Louis Debré, ancien ministre de l’Intérieur et président du Conseil constitutionnel, est mort
Jean-Louis Debré a notamment mis en place la QPC, entrée en vigueur en 2010.
Publié le 04/03/2025 à 15:33

Celui qui fut également juge d’instruction, député, président de l’Assemblée nationale, s’est éteint à l’âge de 80 ans.

La famille Debré est en deuil. Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel, est décédé ce mardi 4 mars 2025, à l’âge de 80 ans.

Il était l’un des trois fils de Michel Debré, résistant et corédacteur de la Constitution de 1958. Ses deux frères, Bernard et François, étaient tous deux décédés en 2020, à 24 heures d’intervalle.

Féru de politique et de justice

Docteur en droit public, Jean-Louis Debré se frotte au monde de la politique dès 1973, année où il devient conseiller technique au cabinet de Jacques Chirac, alors ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Il devient ensuite son chargé de mission en 1974 à la nomination du futur président de la République au poste de Premier ministre. En 1978, il est engagé comme chef de cabinet du ministre du Budget Maurice Papon.

Dans le même temps, il poursuit sa carrière dans le monde judiciaire. En 1976, il devient substitut du procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Évry-Corbeil, puis, en 1978, il entre à l’administration centrale de la justice. Il devient juge d’instruction en 1979, où il est chargé des affaires de crime organisé et de grand banditisme. Il traite aussi une affaire concernant le terroriste Carlos.

Cinq fois député entre 1986 et 2017

Il est élu pour la première fois à l’occasion des élections législatives à la proportionnelle de 1986. Il sera par la suite réélu député quatre fois, jusqu’en 2007, dans la première circonscription de l’Eure. Il occupera également la fonction de président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007.

Après la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995, il est nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement d’Alain Juppé. Durant son passage place Beauvau, il élabore un projet de loi visant à contrôler plus durement l’immigration irrégulière.

Après la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997 à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale décrétée par le Président, il tente de renforcer son implantation locale. Il est élu maire d’Évreux en 2001, battant un maire communiste présent depuis 1977.

En février 2007, Jacques Chirac le nomme président du Conseil constitutionnel. Il met notamment en place la procédure de question prioritaire de constitutionnalité (QPC), entrée en vigueur en 2010. Il occupera ce poste durant 9 ans avant d’être remplacé par Laurent Fabius.

« Serviteur de l’État »

Par un communiqué, le Conseil constitutionnel a salué un président qui « s’était attaché à ce que puisse être adoptée et se déploie la procédure de la QPC […]. Très attaché à la Constitution de la Cinquième République dont son père avait été un des rédacteurs, il avait ainsi poursuivi durant sa présidence le service de la République qui l’a animé tout au long de son parcours ».

De son côté, le Président de la République Emmanuel Macron l’a qualifié d’« homme de droit et de droiture », qui « a consacré sa vie à une certaine idée de la France. Une vie de fidélité, de rigueur, généreuse et libre ». « [Il] aura marqué de ses convictions gaullistes la vie politique française », a également souligné le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, a quant à elle rendu hommage à un « immense serviteur de l’État » dont « l’honneur d’une vie » fut d’occuper le Perchoir de l’Assemblée nationale.

La nouvelle du décès de Jean-Louis Debré aura même réussi à faire, une fois n’est pas coutume, converger tous les bords politiques. En effet, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale Christian Jacob a fait l’éloge d’un homme ayant « servi les institutions avec honneur et responsabilité », quand le député RN Sébastien Chenu a salué un homme politique « qui a honoré sa fonction ».

Du côté de la gauche, la présidente du groupe LFI-NFP Mathilde Panot n’a pas manqué d’encenser « un des représentants majeurs d’une droite républicaine qui défendait encore les usages démocratiques, pour qui le vote du peuple avait un sens, et pour qui l’Assemblée ne pouvait être un espace aseptisé et soumis au pouvoir ». Quant à Olivier Faure, le premier secrétaire du PS a fait remarquer que Jean-Louis Debré « avait su par sa défense intransigeante de la République se faire apprécier de la gauche ».

Alexis Duvauchelle


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